Les bonnes raisons d’adopter Qwant comme moteur de recherche

Le début de 2017 n’a rien d’anodin pour celles et ceux qui se battent pour la confidentialité numérique et la place des acteurs français sur Internet : Qwant vient de lever 18,5 millions d’euros et lance enfin son application mobile sur Android et iOS. Téléchargez-le ici.

Une application sans suivi

Sur Internet, chaque clic façonne une expérience différente pour chacun, dictée par des algorithmes affamés de données : cookies, adresses IP, historique, tout est mis à profit pour profiler. Face à cette logique, Qwant prend le contre-pied et propose une recherche par défaut qui ne piste pas. Depuis la fin janvier, son application iOS et Android a déjà conquis 115 000 utilisateurs. Ce chiffre n’est pas anodin : il illustre une soif grandissante de discrétion en ligne.

Télécharger QWANT

Qu’est-ce que le navigateur de Qwant fait de plus ?

L’application Qwant va plus loin que le simple moteur accessible sur le site web. Elle embarque un navigateur, Liberty, pensé pour que vos achats et navigations ne deviennent pas la monnaie d’échange des régies publicitaires. Un bouclier signale chaque tentative de pistage : la promesse est claire, le contrôle vous appartient. Comme les autres navigateurs, Qwant Liberty gère les onglets, affiche les derniers sites visités sur un tableau de bord, et propose d’ouvrir des pages en mode privé. Confidentialité ? Les cookies et traceurs sont mis à l’écart. Seul bémol : l’historique de navigation reste enregistré dans l’application, ce qui relève d’un autre débat.

L’ergonomie reprend les codes du site Qwant : résultats de recherche reconnaissables, accès rapide aux tableaux. L’expérience reste familière, mais avec une volonté manifeste de protéger l’utilisateur.

Qwant ne s’arrête pas là et propose tout un éventail d’applications qui respectent la confidentialité, à rebours de ce que propose l’écosystème Google. L’idée : offrir une alternative crédible à la suite d’outils du géant américain. Seul ombre au tableau : l’actualité trône dès l’ouverture, un choix discutable pour qui cherche avant tout la sérénité plutôt que le flux constant d’informations. Après tout, chacun sait où trouver les nouvelles s’il en a besoin : l’essentiel est ailleurs.

Pouvons-nous télécharger Qwant avant l’application Android ?

C’est une question qui revient régulièrement, preuve d’un flou persistant sur ce qu’est un moteur de recherche. Qwant, à l’origine, n’est pas un logiciel à installer mais un site web. Pourtant, chaque mois, plus de 1600 internautes tapent « Télécharger Qwant » dans l’espoir de trouver un bouton magique. D’autres ont flairé l’occasion : sur ce créneau, certains sites se sont positionnés avec des liens de téléchargement qui ne font que rediriger vers Qwant.com.

Ce malentendu persiste : « Télécharger Qwant » conduit simplement à ouvrir le site dans le navigateur, rien de plus.

On promet un téléchargement, on offre un accès. La frontière est mince, mais la différence bien réelle.

Qu’est-ce que Qwant ?

Au-delà des idées reçues, Qwant dévoile un projet ambitieux. La confidentialité est à la base : ici, pas de collecte de données sur les recherches ou la navigation. DuckDuckGo suit une approche similaire, mais s’appuie sur l’API de Google pour ses résultats. Qwant, lui, s’est lancé le défi de bâtir son propre index. Il propose aussi des moteurs spécialisés, notamment pour les images, la recherche inversée n’est pas encore au programme, mais la porte reste ouverte.

L’aspect communautaire n’est pas laissé de côté : les « Notebooks » permettent de créer des dossiers publics où les utilisateurs enregistrés rassemblent et partagent du contenu, dans l’esprit de Scoop.it. Est-ce que ces blocs-notes bénéficient d’un meilleur positionnement dans les résultats ? Difficile à dire, mais le potentiel est là.

La page d’accueil de Qwant, en revanche, s’alourdit avec une présentation à la Yahoo ! entre portail d’actualités et tendances du moment : un choix qui ne fait pas l’unanimité. Heureusement, une version « allégée » existe, ramenant l’essentiel à une barre de recherche et des résultats filtrés.

Rien de superflu : juste une recherche, pure et directe. Comme le rappelle le rédacteur en chef des Echos, « Qwant n’est pas seulement bon, il est également différent ». Un sentiment partagé par la majorité des 1608 participants à un sondage sur le site, dont 91 % estiment que Qwant a sa place dans le paysage numérique face aux géants mondiaux.

Pourquoi utiliser un moteur différent de celui de Google ?

Derrière la question du choix d’un moteur de recherche se cache l’enjeu de la souveraineté des données. Les autorités étrangères peuvent avoir un accès direct aux informations personnelles stockées par les grandes entreprises américaines. En Europe, la sphère de sécurité devait encadrer ce transfert de données, mais l’affaire Snowden en 2013 a mis en lumière les failles du système : le FBI et la NSA accédaient directement aux serveurs de sociétés comme Google, Facebook ou Apple, sans que les citoyens européens n’en aient conscience. Certains pays, notamment la Russie, imposent désormais l’hébergement local des données pour garder la main sur leur exploitation.

Netguide, une nouvelle alternative grâce à l’IA ?

Sur le terrain des moteurs de recherche qui respectent la vie privée, un nouvel acteur français fait parler de lui : Netguide. Sa particularité : conjuguer confidentialité et intelligence artificielle. Netguide met en avant un moteur de recherche enrichi par l’intelligence artificielle capable d’analyser et de synthétiser le contenu des pages web les plus pertinentes pour offrir des réponses précises, sans détour.

Ce choix technologique ne se limite pas à la rapidité : il valorise aussi la diversité du web, en permettant de remonter aux sources originales pour approfondir ses recherches. Cette fonctionnalité s’adresse aux abonnés, pour environ 5 € par mois, et complète des services déjà existants comme l’agrégateur d’actualités et le guide de l’Internet de Netguide.

Sur un marché longtemps dominé par l’hégémonie américaine, Qwant, Netguide et d’autres alternatives dessinent un nouveau paysage. L’enjeu n’est plus seulement de chercher, mais de choisir comment et avec qui on le fait. La prochaine fois que vous taperez une requête, demandez-vous : qui lit vraiment vos questions ?

D'autres articles sur le site